La cantine de Célestine

Vous souhaitez savoir comment j’ai débuté ? Mais dans ma cuisine ! J’aime cuisiner, j’aime régaler mes hôtes. J’habitais un appartement en ville, et je travaillais dans une agence immobilière. Mes collègues allaient tous manger au restaurant, moi seule rentrait chez moi pour y prendre mon dîner. Au retour, ils me demandaient ce que j’avais mangé, et petit à petit, ils sont venus manger chez moi. Ils disaient qu’ils préféraient me donner à moi le prix du restaurant, parce que c’était bien meilleur. Puis, ils ont emmené des amis et bientôt mon appartement est devenu trop petit. En même temps, il a fallu que je fasse des choix : je ne pouvais plus travailler à 100%, puis rentrer en faisant des courses, cuisiner le soir pour que tout soit prêt le lendemain.

Il y a dix ans tout juste, j’ai acheté un petit restaurant. Je lui ai redonné un coup de jeune, installé de grandes tables et un petit coin salon pour y prendre le café. L’idée était de donner l’apparence d’une cantine et l’ambiance d’une famille. Les clients se retrouvent autour d’une table et ne restent pas seuls dans leur coin. Le choix du menu ? Je change tous les jours en fonction de mon humeur et de mon marché. Il n’y a qu’un plat, pas de choix, comme à la maison ! Quand les clients sont restaurés, ils passent au salon pour laisser la place aux suivants. Immédiatement, j’ai eu un succès assuré. Les gens aiment les bons petits plats frais.

Le tournant est venu après cinq années. La foule se pressait pour entrer, je n’acceptais pas les réservations, et je devais refuser tellement de monde qu’il a fallu que je me décide à m’agrandir. Mais plutôt que de chercher un local plus grand, j’ai pensé à en ouvrir un deuxième dans la même ville, selon la même conception. Cela s’est fait naturellement, parce que j’avais déjà un cuisinier qui s’était manifesté pour travailler pour moi.

Il n’a pas fallu plus de quelques mois pour que ce deuxième restaurant explose les statistiques ! J’ai alors eu l’idée de déposer la marque « La cantine de Célestine » et de créer une franchise. Je ne pouvais plus cuisiner, mais j’ai choisi de devenir entrepreneur. J’ai appris sur le tas, j’ai rencontré de belles personnes, et à chaque fois je suis tombée sur des gens généreux de partager leurs expériences. C’est moi qui accorde la franchise, le contrat est très rigoureux. Il est impératif que les valeurs que j’ai choisies soient appliquées.

A ce jour, j’ai des franchisés dans toute la Suisse, il m’arrive souvent d’y arriver à l’improviste pour y dîner et vérifier que tout fonctionne comme dans mon premier restaurant. Oui, c’est bien exact, je suis partie de rien, mais à ce jour je gère une entreprise de 132 salariés ! »

(470 mots)